Bruno Forand, une résilience heureuse

J’étais en danger de mort, deux pieds cassés par les talons, ablation de la vésicule biliaire, burn out et dépressions successives, le tout accumulé sur un temps très court.

Tout m’invitait à réorienter ma vie sinon le pire allait finir par m’arriver.

Mon corps était littéralement à bout de cette situation d’autant que d’autres signaux se manifestaient également, tumeur de mon fils, reproches de proches, pertes d’activités jusqu’au dépôt de bilan m’entrainant dans une faillite personnelle irrémédiablement programmée.

Que faire ?

Porter cette charge multiple en mettant les dernières forces disponibles pour m’emmener juste un peu plus loin avec la perspective d’une mort assurée ?

Ou bien remettre absolument tout à plat pour oser vivre ?

Ces questions ne me sont pas venue naturellement.
A ce moment là j’étais singulièrement seul confiné sous une chape de plomb d’un conformisme aigu, mêlé de croyances limitantes, de peurs, d’attentes et de besoins. Mes proches, parents, amis et la société elle-même m’en faisaient incessamment l’écho.

Mais qui étais-je vraiment pour eux et moi-même au-delà du fils, du mari, du père, de l’ami, de l’associé… ?
Un maillon qui ne devait pas céder dans ce système ?

Hors j’étais à bout sans plus de force à ces moments-là et personne, d’aucun, ne voyait le véritable drâme qui me minait de l’intérieur.

Moi-même j’étais aveuglé, démunis et impuissant.

Le masque construit depuis l’enfance jouait bien son rôle.

L’effet miroir que me renvoyaient les personnes que je côtoyais me confortait dans un bonheur tout en apparence où mes larges sourires donnaient le change, l’illusion.

L’illusion trompait mon « moi » en tout premier.

Mes rencontres avec mes premières interviews ont fini par m’ouvrir les yeux sur cette mécanique sclérosante et menant à ma perte.

Qui suis-je réellement ?

Pour le savoir, une marche régulière et matinale de mon domicile à la chapelle de la Basilique de Fourvière pouvait m’aider.
Je le ressentais comme telle au plus profond de moi. Les effets que ce recul m’offrait étaient stupéfiant.
Les réponses étaient très claires.

Mais comment les exprimer quand l’orgueil et l’égo s’y refusent en niant les évidences mises à nues ?

L’Univers pourvoit à mes besoins essentiels lorsque je suis juste avec moi-même.

Les rencontres successives qui s’en suivirent me renvoyaient systématiquement à ma problématique.

Comment reprendre possession du navire et virer de cap ? La mutinerie devait se faire.

J’entamais au gré de mes rencontres ma rémission et mes interviews étaient le moyen pour dénicher les thérapeutes nécessaires à mes maux, à mon corps, à mon âme… Chacun d’eux est là pour me faire prendre conscience des mécanismes de défense m’inhibant et pour m’aider à oser les déprogrammer.

A cette heure de bilan, ma reconstruction s’apparente à une nouvelle naissance, un résilience heureuse pour oser être moi simplement.

En vous proposant ces interviews j’espère qu’ils vous toucheront et qu’ils vous aideront à voir plus clair en vous.

Qui mieux que vous, vous suit pas à pas, de la naissance au trépas ?

N’êtes-vous pas votre meilleur compagnon ?

Pour ma part j’ai enfin cessé de me négliger… pour vivre ici et maintenant en pleine zénitude.

Immense gratitude

© Photo de Luc Nicon, dans la « clinique du stress » de Nathalie Bonhouvrier et Alain Charlot à Lyon Bellecour – 2013

Une réflexion au sujet de « Bruno Forand, une résilience heureuse »

  1. Bonjour Bruno. Je viens de faire votre connaissance par Nelly Quil avec qui j’ai traversé l’Inde en compagnie de la « Caravane amoureuse » en 2013. C’est elle qui me suggère de vous rencontrer… Ecrivaine de l’intime comme j’aime le dire, je viens de traverser un « tsunami » intérieur qui a tout ravagé mais qui a surtout permis de trouver « qui je suis »… J’ai fait l’histoire de Cendrillon à l’envers. Le conte de fée qui a tourné au cauchemar… Un parcours qui visiblement ressemble par certains aspects au vôtre… Depuis 8 années, j’écris… Mon livre est en partance pour une maison d’édition… Alors j’aurai plaisir à vous rencontrer. Nous sommes voisins, j’habite Roanne dans la Loire.
    Dans l’attente d’un tout prochain contact, bien à vous. Colette ROUSSEL.

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